Le REER expliqué : ce que les Canadiens devraient savoir avant de cotiser

Le Régime enregistré d'épargne-retraite (REER) représente l'un des outils d'épargne les plus avantageux pour les Canadiens. Ce véhicule de placement permet non seulement de réduire l'impôt à payer aujourd'hui, mais aussi de faire fructifier son épargne à l'abri de l'impôt jusqu'à la retraite. Comprendre son fonctionnement, ses limites et ses règles s'avère essentiel pour maximiser ses bénéfices fiscaux et préparer efficacement sa retraite.

Le REER expliqué : ce que les Canadiens devraient savoir avant de cotiser

Le Régime enregistré d’épargne-retraite constitue la pierre angulaire de la planification financière pour des millions de Canadiens. Créé par le gouvernement fédéral pour encourager l’épargne-retraite, ce programme offre des avantages fiscaux considérables tout en permettant une croissance du capital à long terme.

Le principe fondamental du REER repose sur le report d’impôt : les sommes cotisées réduisent le revenu imposable de l’année courante, tandis que les gains s’accumulent sans être imposés jusqu’au retrait. Cette mécanique permet aux épargnants de bénéficier d’une réduction immédiate de leur fardeau fiscal tout en constituant un patrimoine pour leurs vieux jours.

Comment les cotisations à un REER réduisent le revenu imposable

Chaque dollar versé dans un REER diminue directement le revenu imposable déclaré. Pour un contribuable dans une tranche d’imposition de 30%, une cotisation de 5 000 $ génère une économie d’impôt d’environ 1 500 $. Cette réduction s’applique tant aux impôts fédéraux que provinciaux, créant un effet de levier financier immédiat.

Les cotisations peuvent être effectuées jusqu’au 1er mars de l’année suivante pour l’année d’imposition précédente. Cette flexibilité permet aux contribuables d’ajuster leur stratégie fiscale même après avoir reçu leurs relevés d’emploi. L’Agence du revenu du Canada émet un avis de cotisation indiquant les droits de cotisation disponibles, facilitant ainsi la planification.

Limites de contribution et règles de report

Les droits de cotisation REER correspondent généralement à 18% du revenu gagné de l’année précédente, jusqu’à un maximum annuel fixé par le gouvernement. Pour 2024, ce plafond s’élève à 31 560 $. Les participants à un régime de pension agréé voient leurs droits réduits par un facteur d’équivalence reflétant les avantages de leur régime d’employeur.

Les droits de cotisation non utilisés s’accumulent indéfiniment, permettant aux épargnants de rattraper les années où ils n’ont pas cotisé le maximum. Cette règle de report s’avère particulièrement avantageuse pour les jeunes professionnels dont les revenus augmentent progressivement ou pour ceux traversant des périodes de revenus irréguliers.

Règles de retrait et croissance à long terme

Les retraits d’un REER sont généralement imposables comme un revenu ordinaire l’année du retrait. Cependant, certains programmes gouvernementaux permettent des retraits temporaires sans pénalité fiscale : le Régime d’accession à la propriété (RAP) autorise le retrait de 35 000 $ pour l’achat d’une première maison, tandis que le Régime d’encouragement à l’éducation permanente (REEP) permet de retirer 20 000 $ pour financer des études.

La croissance à long terme du REER bénéficie de l’effet de composition sur plusieurs décennies. Un placement de 5 000 $ annuel pendant 30 ans, avec un rendement moyen de 6%, peut générer un capital de plus de 400 000 $ à la retraite. Cette croissance s’effectue à l’abri de l’impôt, maximisant l’accumulation de richesse.


Institution financière Type de REER Frais annuels estimés Rendement potentiel
Banque Royale du Canada REER autogéré 25-100 $ 4-8%
Banque TD REER garanti 0-50 $ 2-5%
Desjardins REER diversifié 50-150 $ 5-9%
Questrade REER courtage 25-200 $ Variable
Tangerine REER équilibré 25-75 $ 4-7%

Les frais et rendements mentionnés dans ce tableau sont des estimations basées sur les informations les plus récentes disponibles et peuvent changer au fil du temps. Une recherche indépendante est conseillée avant de prendre des décisions financières.


La conversion obligatoire du REER en FERR (Fonds enregistré de revenu de retraite) doit s’effectuer avant la fin de l’année où le détenteur atteint 71 ans. Cette transition marque le passage de la phase d’accumulation à celle de décaissement, avec des retraits minimums obligatoires calculés selon l’âge du bénéficiaire.

Le REER demeure un pilier essentiel de la planification de retraite au Canada. Sa capacité à réduire l’impôt actuel tout en permettant une croissance différée en fait un outil incontournable pour quiconque souhaite optimiser sa situation fiscale et assurer sa sécurité financière future. Une stratégie bien planifiée, tenant compte des limites de cotisation et des règles de retrait, maximise les bénéfices de ce régime gouvernemental.